Synéas
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Tribunes


Dix-sept éléphants, un juge d’instruction en vacances assis sur un pliant, un paysage avec beaucoup d’herbe verte…


24/09/2008


Christian BAZETOUX
Administrateur du Snasea

 Nous y voilà. La convention nouvelle arrive avec son cortège de nouveaux métiers, les oubliés, les petits, les sans grade, les spécifiques, les innovants, ceux auxquels on ne pense pas, les nouveaux nés.

 

Stop ! Hier encore on me conjurait d’intégrer un nouveau métier dans notre convention collective rénovée avec ses spécificités, son histoire, sa culture, sa pertinence, son avenir et plus encore…

 

Et je me prends à rêver qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura jamais de nouveaux métiers, tant l’inventaire à la Prévert que je constitue devient indigeste.

 

Et c’est alors que je me surprends à déclamer à voix haute quelques vers de cet inventaire loufoque : dix-sept éléphants, un juge d’instruction en vacances assis sur un pliant, un paysage avec beaucoup d’herbe verte, une triperie, un oiseau, vingt-deux fossoyeurs, un amour, une madame untel, une lame de fond, un pantalon, une porte avec son paillasson…

 

Mais quoi de commun me direz-vous entre l’auteur de Paroles et ceux de la rénovation de la convention collective du 15 mars 1966 ? Rien sur le fond, bien sûr, mais sur la forme, un certain appétit pour l’énumération.

 

Et puisque je me mets à rêver, je me plais à imaginer qu’une convention collective ne serait rien d’autre qu’un cadre de référence, un outil pour répondre au mieux aux évolutions de notre secteur et aux besoins de nos usagers, à la nécessité de renouveler nos pratiques professionnelles, à l’impérieuse obligation de développer des compétences, à l’exigence d’être innovant.

 

Si vous me dites alors « c’est tout », je vous réponds que c’est terriblement ambitieux.

 

Il s’agit là de concevoir un outil au service de la gestion des ressources humaines de nos associations, de donner la possibilité à chacune d’entre elle de valoriser la compétence, de reconnaitre les spécificités de certaines fonctions et donc des nouveaux métiers.

 

Et quoique j’aie pu dire dans ce billet d’humeur, je forme le vœu que ces nouveaux métiers soient nombreux, que certains disparaissent pour laisser la place à d’autres et qu’il devienne finalement banal de ne pas exercer tout au long de sa carrière, son métier d’origine.

 

Parce que je suis certain que ce qui fait de notre secteur, un secteur d’avenir, c’est qu’il ne conçoit pas les réponses qu’il apporte à ses usagers à partir de l’existant mais anticipe les évolutions, élabore des réponses innovantes et ce faisant, développe ou se dote des compétences adéquates.

 

Ce que je veux dire par là c’est qu’il est à ce jour impossible, voire dangereux, de réaliser une liste exhaustive des métiers de notre secteur. Nous en oublierions et nous reproduirions un cadre rigide dans lequel ne pourrait pas s’exprimer l’innovation.

 

C’est au contraire en organisant des cadres d’emplois, en proposant des outils objectifs en termes de classification que nous pourrons répondre au mieux aux besoins des usagers de nos services, aux attentes des collaborateurs en matière de déroulement de carrière et de conditions de travail, aux associations pour gérer leurs ressources humaines.

 

Je crois finalement que je ne « fais pas un rêve » et que la convention collective révisée sera ambitieuse parce que le projet de notre secteur l’est aussi.

 

Alors, n’en déplaise à certains, il n’y aura sans doute pas dix-sept éléphants répertoriés dans notre convention rénovée, ceux-là ne sont pas assez agiles pour répondre aux enjeux du secteur ; peut-être pas non plus de juge d’instruction en vacances assis sur un pliant, quoique la question du temps de travail, comme celle des compensations et des sujétions particulières est au cœur  des objectifs que nous nous sommes fixés ; mais pourquoi pas un paysage avec beaucoup d’herbe verte…